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Le man-bun, la bouffe et autres sujets
Mes chers amis,
 
Je vous le dis tout de go: il se passe quelque chose avec les hommes. D'abord, je n’ai jamais croisé autant de man-buns que cette semaine. Man-bun, c’est le terme à la mode pour parler des chignons portés par des hommes. On en vend même des postiches.
Personnellement, j’y inclus la variante du palmier, cette mode capillaire appréciée, il y a quelques années, par les petites filles et les caniches, et qui est donc désormais l’apanage des hommes de plus de 20 ans. Et pourquoi pas? Parce que, franchement, je préfère ces hommes à chignon (rendons ici hommage à Lâm Hua, premier homme à chignon que j’ai croisé de ma vie) à la virilité typiquement franchouillarde. Virilité dont on pensait qu’elle n’était qu’une caricature jusqu’à lundi dernier, jour où l’internet français a découvert, interloqué, l’existence de l’homme-en-slip, apparition photographique qui semblait tout droit sortie d’un cauchemar que vous auriez fait après avoir regardé une vidéo de Jacquie et Michel (non, je ne mettrai pas de lien ici, vous savez ou vous découvrirez vous-même).

Mais l’homme français, ce n’est pas que l’homme au slip ou l’homme au chignon, c’est aussi PNL. Si vous ne connaissez pas: c’est le groupe de rap dont tout le monde parle depuis quelques semaines. Slate s’y est déjà intéresséOlivier Cachin les encenseMadmoizelle est un peu plus circonspecte. PNL se distingue du reste du rap français par plein d’aspects mais, surtout, leurs chansons dégagent une tristesse infinie. Pas d’espoir, ni de désespoir, pas de révolte, ni d’amour, aucun rêve de réussite d’aucune sorte. Seulement la tristesse de la damnation. Allez, bon week-end hein! 

La bouffe

Je ne sais pas si vous avez déjà remarqué mais la rédaction de Slate est historiquement obsédée par la bouffe. Quand j’y passais mes journées, j’avais découvert ébahie qu’à partir de 10 heures du mat' ils parlaient du menu du déjeuner et, dès 14 heures, du menu du goûter. Il est donc logique que Jean-Laurent Cassely se soit intéressé aux nouvelles applis de livraison de repas. Et j’en profite pour signaler son très bon article sur la kebabisation, ou l’intégration par la nourriture. (Oui, encore de la bouffe.)

  À lire aussi sur Slate

Personnellement, je n’en peux plus qu’on nous parle d’uberisation à tout bout de champ. Bientôt, on arrivera à l’uberisation de la vie, et on se réveillera en disant: «Merde, j’ai rêvé que je me faisais uberiser». Du coup, j’ai bien aimé qu’on revienne sur le côté fourre-tout de ce nouveau mot qui fait peur.

L’article pour se faire vraiment flipper: votre cerveau va se transformer en arme –ou comment les avancées des recherches en neurotechnologie servent des buts médicaux mais pourraient également être utilisées par les armées. (Vous saviez qu’on avait implanté des faux souvenirs à des souris?!)

Un papier très intéressant qui part d’un livre que je ne connaissais pas, Génération H, d’Alexandre Grondeau, pour parler de la France qui fume (des joints) et la culture qui va avec.

Et, enfin, mon petit chouchou. Ce n’est pas un article mais une vidéo. Un Américain s’est filmé en 1977 posant des questions à son moi futur. En 2015, il a décidé de se répondre. Ça peut paraître presque banal comme projet sauf que le résultat est troublant, touchant, drôle et ça donne envie qu’il en fasse un film (il lance un appel aux dons pour l’aider). 

  Repéré par Reader

Du sport. Oui. Avec un documentaire de L’Équipe qui raconte un phénomène qui m'était totalement inconnu: la passion de Seattle pour le foot. Un reportage sympa, bien monté, avec de la bonne musique et des hipsters rigolos.  

Allez, cliquez, le quiz rigolo de la semaine est tout simplement génial. Il faut déterminer quel tableau vaut le plus sur le marché actuel de l’art. (À chaque fois, on a le choix entre deux œuvres.) 

À l’occasion de la remise du prix de Flore, l’Obs a eu la bonne idée de ressortir un texte de l’écrivain Philippe Jaenada sur cette soirée: «Je suis allé à la remise du prix de Flore (et j’ai fini à l’hôpital)».   

Un joli projet photographique et existentiel. Comment un photographe a décidé d’aller vivre dans une ville abandonnée. Ça donne «J’habite une ville fantôme» et c’est très chouette. 

 Sur mes internets personnels

Vous êtes de bonne humeur? Ça ne va pas durer. Le papier à lire absolument cette semaine va bien vous plomber le moral. On le doit à un photographe qui travaille pour l’AFP et qui a pris la plume pour raconter son boulot au quotidien sur l’île de Lesbos. Des cris et des cadavres d’enfants. (Attention aux images.) Et comment il pose souvent son appareil pour aller donner un coup de main. Alors ok, on n’apprend rien de plus mais je vous conseille quand même vivement d’aller le lire.

Un peu de beauté maintenant. Les gifs peuvent être des œuvres d’art et j’ai découvert un artiste qui en fait de très beau. Une compilation ici.

Un lien du site du Démotivateur (bah oui, et pourquoi pas?). Dix femmes scientifiques qui ont révolutionné la science mais dont personne ne connaît le nom (et pour cause, en général, elles ont été évincées de tous les prix et manuels scolaires.) (Et j’ai ainsi découvert que le score d’Agpar, qui détermine l’état de santé du nourrisson à la naissance, venait du nom d’une femme donc.)

Un jour, il faudra que j’écrive tout le mal que je pense d’Instagram. En attendant, un article qui résume une partie du problème: lâchez-nous avec les photos de mères parfaites et montrez-nous du vomi de bébé

 Point culture

En deux temps. D’abord, si vous lisez l’anglais, difficile de faire l’économie de cette série de textes courts des journalistes du New York Times sur la crise des réfugiés. Ils y racontent ce qu’ils voient et les questions qu’ils se posent sur ce moment historique. Parce que, oui, on vit quelque chose d’historique. Ou plutôt, c’est en train de se jouer, juste à côté de nous. Le chapô du dossier du NYT est clair: «La monumentale migration qui est en train de changer irrémédiablement le continent». Des changements qu’on ne devine pas encore. (Va-t-elle entraîner une prise de pouvoir par les partis fascistes en Europe par exemple?) Une des phrases de ces articles: «Certains de ces gamins n’ont jamais tenu un crayon de couleur dans leurs mains, mais ils ont vu leur père se faire décapiter.» Terrible? Mais, aussitôt, la journaliste pose une question importante: «Donner voix aux sans-parole fait partie du boulot de journaliste. Mais est-ce que nous remplissons vraiment notre mission quand on écrit des histoires tristes qui dépriment nos lecteurs et les font se sentir inutiles?»

Ensuite, histoire de ne pas vous laisser dans un état de dépression trop avancé, après tout, on est vendredi –vive la vie, oh une bouteille de vodka. Sachez que, ce week-end, je compte aller voir The Districts en concert (du rock parce que bon, y a pas que le rap dans la vie) et mater la fin de la série Master of None d'Aziz Ansari sur Netflix. (Dont les parents étaient immigrés. Ok, c'est bon, je vous lâche avec ça.) 
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