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#050 - Jeudi 24 novembre 2016
Par Christophe Greuet  
L'ÉVÉNEMENT
Facebook annonce des mesures après
le tsunami autour des “fake news”

Facebook aura probablement été la star des médias numériques de la campagne présidentielle US cette année. Là où Twitter conserve l’image d’un “club VIP” dans lesquels s’expriment surtout politiques, membres de cabinet, journalistes et observateurs, la plate-forme de Mark Zuckerberg fait figure de média de masse. Fort de plus d’un 1,8 milliards de membres, le réseau est devenu la première destination des soutiens partisans de citoyens, qui viennent autant y visionner les meetings diffusés en live que partager et commenter avec leurs amis les articles de médias et de blogs politiques qui les ont passionné.
Une pratique qui secoue violemment Facebook depuis l’été, à cause de la rubrique “Trending Topics” (indisponible en France), qui recense sur le fil des utilisateurs les posts ayant le plus de succès. Car si jusqu’à présent le réseau y partageait essentiellement des articles de médias sérieux et établis, des informations fausses, diffusés par des blogs ultra-partisans principalement pro-républicains, y ont fait leur apparition depuis le début de la campagne des primaires. Le plus populaire d’entre eux, publié par le blog pro-républicain Ending The Fed, assurait que le Pape François avait annoncé son soutien à Donald Trump. Selon une étude du site Buzzfeed News, les vingt “fake news” les plus populaires auraient généré depuis février plus de 8,7 millions d’engagements (likes, shares, commentaires, etc), contre seulement 7,3 millions pour les vingt articles les plus populaires des médias “sérieux”.
Un impact qui amène aujourd’hui certains observateurs à envisager que Facebook serait l’un des premiers responsables de l’élection de Donald Trump. Une accusation qui gène hautement Mark Zuckerberg, qui a toujours assuré que son réseau était non-partisan. Devant aujourd’hui donner des gages à ses dtéracteurs, souvent des journalistes influents, tout en garantissant le maximum de liberté d’expression à ses utilisateurs, Zuckerberg a finalement publié samedi sur son profil un long post assurant que Facebook prenait le sujet des “fake news” très au sérieux, et assurait que le réseau social allait mettre en oeuvre des mesures pour limiter leur propagation. Parmi celles-ci, un processus de signalement simplifié, et des partenariats plus poussés avec des structures de “fact-checking” qui alerteront Facebook lorsqu’un article mensonger est partagé.

Lire l'article (EN) sur New York Times

LES NEWS
La chaîne Viceland a été lancée en France

Annoncée depuis plusieurs mois (Voir La Press Tech #028 & #043), la version française de Viceland a été lancée hier mercredi 23 novembre. Comme prévu, c’est le bouquet CanalSat qui a obtenu pour cinq ans l’exclusivité de diffusion de l’extension francophone de la chaîne du groupe Vice Media, déjà lancée aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Irlande. La version française est la première chaîne du groupe en langue non anglaise.
Le lancement de la chaîne a été accompagné d’une importante campagne de promotion comprenant vidéos énigmatiques, affiches sur les emplacements publics, organisation d’une soirée gratuite au club du palais de Tokyo, et création d’une ligne téléphonique gratuite dédiée (le 0805 088 844), dont les messages qui y furent laissés ont ensuite été transformés en arguments publicitaires.
Un plan en tous points comparable au lancement américain, ce qui démontre une fois encore la totale confiance du groupe Vice dans ses contenus et méthodes de communication. Une stratégie pour le moins hasardeuse, car si la marque et le style de Vice possèdent une certaine notoriété dans les pays anglo-saxons, ils sont quasiment inconnus en France, à l’exception d’un microcosme hipster essentiellement parisien. D’autant que le très malheureux doublage français des émissions américaines présentées dans la bande-annonce de la chaîne ne devrait pas aider à l’immersion du public dans ces nouveaux contenus...
Sur le plan des programmes, Shame Smith a déclaré au Figaro que la grille comprendrait “60 % de programmes internationaux et 40 % de contenus français”. On retrouvera ainsi les programmes-phares de la grille US, parmi lesquels “Gaycation”, portrait de l’homosexualité dans le monde par l’actrice Ellen Page, “Weediquette” sur la consommation de marijuana, “F*CK that’s delicious”, dans laquelle le rappeur Action Bronson parle de sa passion pour la cuisine, ou encore la quotidienne “Vice News Tonight”, actuellement diffusée sur HBO aux Etats-Unis, destinée à devenir le JT de Viceland.
Trois programmes entièrement français sont également prévus : “Census”, documentaire de 90 minutes qui explore la vie des jeunes dans toutes les régions françaises, “Marseille : le son des quartiers nord” sur la culture urbaine de la cité phocéenne, et “Franceland”, qui des journalistes partis en caravane à la rencontre de la France profonde. Présent lors de la soirée de lancement aux côtés du directeur artistique Spike Jonze, le charismatique CEO du groupe Shane Smith a enfin annoncé aux Echos que le lancement de Viceland s’accompagnera de la création d’ici quelques mois d’un studio de production à Paris employant une soixantaine de salariés.

Lire l'article sur Le Figaro

Compagnons des reporters sur le terrain,
les “fixeurs” passent au numérique

Bien connus des correspondants ou des reporters de guerre, les “fixeurs” sont des compagnons indispensables des journalistes dans un pays étranger, en particulier dans des conditions difficiles. Ils servent de lien entre le reporter et le milieu local, permettent les mises en contact avec des sources, ou permettent de passer les “checkpoints” dans un territoire en guerre. Lors d’une conférence en avril dernier, An Xiao Mina, chercheuse chinoise qui travaille sur les médias sociaux, a introduit la notion de “fixeur digital”.
Tout comme un “fixeur” traditionnel, le rôle de ce dernier est d’introduire les journalistes dans les groupes numériques fermés et parfois cryptés de discussion entre communautés, que proposent de plus en plus d’applications de discussion, telles que WhatsApp, WeChat, Telegram (souvent citée comme appli de référence de l’Etat Islamique), mais aussi les groupes secrets de Facebook ou Google. Le rôle de ces “fixeurs” du numérique est de cultiver des contacts à l’intérieur des communautés digitales, et gagner suffisamment leur confiance afin de pouvoir leur présenter un journaliste, qui à son tour pourra pénétrer ces groupes afin d’y recueillir des informations. De plus en plus de médias, tels que la BBC ou la start-up Storyful, travaillent déjà activement sur ces groupes fermés afin d’y glaner des informations.

Lire l'article (EN) sur Columbia Journalism Review

EN BREF
Le fonds Digital News Initiative de Google
accorde 24 M€ à des projets médias européens

Initié début 2015 par Google et 160 éditeurs médias européens, le fonds Digital News Initiative (DNI) vient d’accorder 24 M€ d’aides à 124 projets médias numériques présentés dans 25 pays d’Europe. La France est le troisième pays le mieux loti après l’Allemagne et l’Espagne, avec un peu plus de 2 M€ attribués. Parmi les dossiers aidés, on note des projets de data-journalisme de Slate et du Global Editors Network, un service d’informations locales du Parisien, ou le projet VR “The Enemy” de Camera Lucida Productions. En février dernier, une première promotion du fonds DNI avait aidé au financement de 128 projets pour un total de 27 M€ (Voir La Press Tech #023).

Les co-fondateurs de Vine lancent
une nouvelle appli de streaming, Hype

Une semaine à peine après l’annonce de l’arrêt de Vince par Twitter (Voir La Press Tech #049), les deux co-fondateurs de l’appli, Rus Yusupov et Colin Kroll, ont discrètement annoncé sur Twitter la version béta de leur nouveau bébé, l’appli Hype. La mise en ligne sur l’AppStore d'une version beta a largement été couverte par les médias tech américains. A un tel point que quelques minutes plus tard, leurs serveurs crashaient sous le nombre de live des nouveaux testeurs ! Hype est une application de streaming vidéo, principalement dédiée au live, dont les replays resteront disponibles, à l’inverse de Periscope. Hype propose plusieurs fonctionnalités supplémentaires par rapport à ses concurrents directs qui pourraient grandement intéresser les médias, parmi lesquelles la possibilité d’inclure à l’inclure pendant ses lives des vidéos ou des fichiers audio provenant directement d’une source externe.

VR & THE MEDIA
Le film VR “Pearl” produit par Google
en course pour les Oscars 2017

Très remarqué depuis sa sortie en avril dernier, le film d’animation “Pearl”, co-produit par Google, fait partie de la “short-list” des dix courts-métrages susceptibles d’être nominés aux Oscars 2017. Créé à l’origine à destination de l’application dédiée aux contenus VR Google Spotlight Stories, le film, d’une durée de six minutes, a connu une sortie cinéma dans un format “traditionnel” non immersif supervisé par le réalisateur. C’est cette dernière version qui a permis au film de concourir aux Oscars, une sortie dans les salles étant l’une des conditions à l’application. Réalisé par Patrick Osborne, vainqueur de l’Oscar 2015 avec son précédent film “Feast”, “Pearl” se déroule intégralement dans une voiture, dans laquelle un père partage sa passion pour la musique avec sa sa fille, à différentes époques de leurs vies.

Lire l'article (EN) sur The Hollywood Reporter

                           
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