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ReCube, l'économie circulaire dans les pays émergents.
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Bonjour à tous,

Bogota s’étend à perte de vue mais après Mexico la surprise est moins grande. Une petite différence néanmoins, Bogota culmine à 2600 mètres de haut ce qui en fait la troisième plus haute capitale du monde. En pleine mutation urbaine, il s’agit de l’une des villes les plus dynamiques d’Amérique du Sud. Ces mutations au service d’une profonde transformation sociale sont caractéristiques des villes colombiennes dans un pays historiquement meurtri par le trafic de drogue et des années de guerre civile. A l’image de Medellin, capitale du narcotrafic dans les années 1980 et reconnue ville la plus innovante en 2013 par l’Urban Land Institute, Bogota a amorcé depuis le début des années 2000 une réelle évolution.       
  
La ville a adopté une politique volontariste en termes de développement durable et réaménage en profondeur l’organisation des transports en communs et des espaces verts. Le Transmilenio en est une belle illustration : ce bus bénéficiant de voies privées dessert les grands axes de la ville et, malgré l’affluence difficilement supportable aux heures de pointes, est un excellent moyen de se déplacer rapidement dans un Bogota perpétuellement embouteillé.   
La mairie ne s’est cependant pas emparée de tous les problèmes de la ville et de nombreux défis restent à résoudre, dans le domaine du tri et du recyclage notamment, encore quasi-exclusivement organisé de façon informelle.

A nouveau, les entrepreneurs que nous avons rencontrés sont des pionniers du développement durable. Le concept émerge en Colombie mais peu de subventions, appels à projets, concours sont encore mis en place à destination des entreprises. Nous avons découvert deux structures (ConTreebute et Ecoworks) qui accompagnent les entreprises pour un développement plus durable mais aussi une entreprise basée à Bogota qui apporte des solutions d’éclairage décentralisé en milieu isolé ou encore Groncol, le leader des façades végétalisées en Colombie.

Notre coup de cœur : Pimp My Carroza, une initiative d’Ecoworks s’appuyant sur la forte culture Hip Hop et street art à Bogota (Jetez un œil à ces supers artistes : Guache & Stinckfish) pour sensibiliser à la thématique des déchets. Dans un contexte où le recyclage n’a pas systématiquement sa pertinence économique, un des moyens de changer de paradigme passe par la sensibilisation. Cette composante est présente, sous différentes formes, dans la plupart des initiatives que nous avons eu la chance de découvrir depuis notre départ.
Travail avec les entrepreneurs
 
Silvia Santos et Andrés Padilla - Fondateurs de Ecoworks.
Dans la plupart des métropoles d'Amérique du Sud le tri des déchets est fait de façon informelle. A Bogota, ce sont 19.000 recicladores qui sillonnent quotidiennement les rues pour récupérer les éléments valorisables dans les poubelles et ensuite les revendre à des industriels du recyclage.
Silvia et Andrés ont fondé Ecoworks, une structure qui aide les entreprises à améliorer leur gestion des déchets en s'appuyant sur le travail des recicladores. En plus d'accompagner les entreprises dans le tri de leurs déchets, l'initiative permet de sensibiliser les employés, d'augmenter les revenus des recicladores et d'améliorer la reconnaissance de leur travail!
Mais leurs engagements ne s’arrêtent pas là.. ! Ils ont organisé cette année en Colombie la première édition de Pimp My Carroza, une initiative dont Thiago Mundano, un street artist brésilien, est à l’origine.  
Le principe est le suivant : pendant une journée recicladores, artistes et bénévoles se réunissent pour « pimper » les charettes de recicladores, c’est-à-dire améliorer leur fonctionnement et les décorer. L’intégralité de l’évènement est financée grâce à une campagne de crowdfunding et des partenariats privés.

Découvrez en plus en lisant notre étude de cas et retrouvez toute l’actualité d'Ecoworks sur leur site internet ou leur page facebook!
 
Ecoworks et ReCube :
           
Nous avons échangé avec Silvia et Andrés à plusieurs reprises à propos de la mesure de leur impact environnemental. Cette étape est essentielle pour présenter à leurs clients le bilan des actions qu’ils mettent en place. Ils chiffrent les bénéfices environnementaux (non-émissions de CO2, économies d’eau, d’énergie) imputables à leur action avec un calculateur construit sur le raisonnement suivant :

 
  • Chaque kilogramme de matière recyclé évite la production (extraction, transformation) de nouvelles matières. Cette production a des impacts environnementaux (A) : consommation d’énergie, d'eau, de ressources fossiles, émissions de gaz à effet de serre… qui sont par conséquent évités. A cela, il faut soustraire les impacts environnementaux (B) générés par le processus de recyclage. Le résultat est la plupart du temps positif et le recyclage prouve alors son intérêt.
  • Comment trouver les données A et B ? Ecoworks a fait le choix de sélectionner des moyennes mondiales et des sources diverses (articles de journaux, analyses de cycle de vie, écrits scientifiques…). Lorsque les sources donnent des résultats différents mais cohérents, une moyenne est effectuée. Ces deux moyennes relativisent l’exactitude scientifique des résultats mais permettent néanmoins d’obtenir des ordres de grandeurs pertinents et de quantifier les économies réalisées.
Ce calculateur a été réalisé il y a deux ans il nécessite quelques mises à jours et précisions. A l’issue de ce travail, Ecoworks souhaiterait le rendre disponible sur son site internet. 
Camilio Jose Herrera Diaz -  Fondateur de Litro de Luz Colombie 
Liter of Light voit le jour en 2007 aux Philippines. Il s’agit d’un système frugal et ingénieux : une bouteille en plastique remplie d’eau chlorée qui, une fois insérée dans un toit, diffuse la lumière du jour et permet d’éclairer les sombres habitations des bidonvilles pour un coût d’installation inférieur à 2$. En 2011, l’entrepreneur colombien Camilo José Herrera Diaz entend parler de ce séduisant projet. 

 
Avec l’accord de Liter of Light, il décide de répliquer le modèle dans son pays. Initialement simple réplique, Litro de Luz (LDL) a maintenant évolué et propose des solutions d’éclairage public éco-conçues dans des zones reculées. Encore une fois la simplicité du système lui permet de coûter 2% de la solution classique qui consisterai à relier la zone isolée au réseau électrique ou installer un générateur, consommateur d’énergies fossiles.

Découvrez en plus en lisant notre étude de cas et retrouvez toute l’actualité de Litro de Luz sur leur site internet ou leur page facebook!
Litro de Luz et ReCube :

Nous avons rencontré Camilio dans l’un des coworking space où nous avons travaillé à Bogota : le SociaLab. Nous avons mené avec lui une réflexion sur deux de ses principaux impacts qui résident dans l’écoconception de son produit et l’alternative qu’il propose pour fournir de l’éclairage.
  • Les produits LDL sont éco-conçus car principalement construits à partir de PVC recyclé. Le recyclage, comme dans le cas d'Ecoworks, évite la production de nouvelles matières premières. Pour chiffrer les avantages associés nous nous sommes appuyé sur des bases de données comme la base carbone de l'ADEME.
  • Les installations sont rendues autonomes en énergie par des panneaux solaires et n’ont donc pas besoin d’être reliées au réseau électrique. Cet allègement des infrastructures a un impact positif sur l’environnement certain mais difficile à chiffrer. Le plus évident à quantifier reste l’avantage économique d'un réseau décentralisé d'éclairage public : le système de LDL coûte 2% du prix du système classique !
D’autres impacts comme les impacts sociaux sont également capitaux. Les éléments dont dispose aujourd'hui de Litro de Luz restent très qualitatifs, des enquêtes auprès des communautés touchées permettraient de les affiner.
ReCube en Colombie c'était aussi :

 
18 Novembre 2015 : Rencontre avec Groncol
Nous avons rencontré Pablo Atuesta, co-fondateur de Groncol, le leader des murs végétaux en Colombie avec plus de 200 projets réalisés à son actif. Si l’Organisation Mondiale de la Santé recommande 10m2 d’espace vert public par habitant en milieu urbain dense, les bogotanais bénéficient d’à peine 5m2  malgré les efforts entrepris depuis le début des années 2000. Recouvrir les façades et toits des bâtiments de végétation est un moyen de concilier développement urbain et végétalisation de la ville. Découvrez quelques une des superbes réalisations de Groncol en Colombie : http://www.groncol.com/proyects .
23 Novembre 2015 : Lorsque l’économie collaborative se développe en Colombie
Gustavo Palacio est le porte-parole de l’économie collaborative en Colombie. Il a fondé en 2014 la structure Sharecollab qui fédère et aide les acteurs de l’économie collaborative. Un personnage débordant d’énergie et d’idées qui a organisé pas moins de 38 évènements sur le sujet en un an !  
Mais au fait l’économie collaborative qu’est-ce que c’est ? L’économie collaborative se base sur la création de communautés d’utilisateurs qui se prêtent ou se louent leurs biens. En pratique, c’est un principe au cœur d’entreprises comme Air Bnb ou BlablaCar.
 
Et l’économie circulaire dans tout ça ? En prêtant/louant ma perceuse (que j’utilise en moyenne 10 minutes par an!) j’évite à quelqu’un d’en acheter une et donc la production d’un nouvelle. Notre consommation de matière première est divisée par deux et c’est financièrement intéressant !       Vous voulez-vous y mettre ? Ça existe près de chez vous : location d’électroménager ou matériel sportif. Les grands spécialistes du sujet sont nos amis  (#Mentors) les Sharing Bros qui ont traversé le continent américain du nord au sud en utilisant exclusivement ce concept !
26 Novembre 2015 : Impact Hub – Coworking place
L’endroit porte bien son nom car il accueille le siège de plusieurs réseaux d’entreprises sociales à fort impact, parmi lesquelles Ashoka Colombie, Yunus Social Business et même Pur Projet une entreprise française qui s’implante en Colombie. Nous avons étés gracieusement invités à venir travailler pour le restant de notre séjour à Bogota dans ce lieu devenu notre repère.

30 Novembre – La Conférence sur les changements climatiques 2015 (COP 21) est lancée !
4 Décembre 2015 : Vernissage de l’exposition Pimp My Carroza
Ecoworks revient, en photos, sur la première édition de Pimp My Carroza en Colombie. Artistes, recicladores et bénévoles se retrouvent autour d’un verre et des photos de Renata Bolivar Et Natalia Hoyos. L’occasion pour ReCube d’échanger avec les différents acteurs de l’événement et de voir de nos propres yeux une Carroza pimpé : le résultat vaut le détour ! Découvrez en plus sur Pimp My Carroza en regardant cette courte vidéo : https://vimeo.com/139374030
12 Décembre – Un accord « ambitieux et équilibré » sur le climat est conclu, avec 1 jour de retard.
17 Décembre 2015 : participation à la soirée « comment mesurer l’impact environemental des entrepreneurs sociaux »
Notre partenaire Future of Waste conclut sa campagne « Waste & Climate » par une soirée sur la mesure d’impact environnemental. Ne pouvant pas être physiquement là, nous serons présents par l’intermédiaire d’une courte vidéo présentant les avancées et évolution du projet depuis notre départ il y a déjà trois mois. Retrouvez les grandes étapes de la campagne en cliquant ici : https://storify.com/FOWaste/how-to-estimate-the-impact-of-waste-social-entrepr#publicize

 
ReCubistics :

 
  • 146 expressos colombiens savourés et 1 séance de dégustation chez un producteur local de café.
     
  • Des invitations à travailler dans 3 espaces de coworking différents à Bogota.
     
  • 1 nuit dans un hamac et 1 journée à cheval au milieu du désert de la Tatacoa. (photo contractuelle)
A très vite depuis Rio !
 

Un grand merci à nos généreux partenaires et KissKissBankers
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Contact : hello@recube.fr


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