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/ Thème du mois: le populisme en Europe
Source: Katapult Magazin, Dr. Floris Biskamp, "Andere Länder, andere Populismen"
4 questions à Antoine Chollet de l'Université de Lausanne

1. L’on parle souvent indifféremment de populisme, de nationalisme ou de souverainisme. Quelle terminologie utiliseriez-vous pour qualifier les partis tels que le Rassemblement national français, le FPÖ autrichien, la Ligue du Nord italienne, le Fidesz hongrois ou le PiS polonais? Je pense que l’usage du terme de populisme est entièrement fautif aujourd’hui, et que ce terme ne sert qu’à désigner ceux qu’Isaiah Berlin avait qualifiés de «faux populismes» il y a plus de cinquante ans, à savoir des mouvements ou des leaders faisant mine de parler pour le peuple tout en poursuivant des objectifs antidémocratiques. Par ailleurs, cet usage témoigne également d’une dégradation inquiétante de la qualité des analyses des mouvements politiques en agrégeant des partis extrêmement différents entre eux, y compris au sein de la droite. Refuser de distinguer un parti néonazi comme le FPÖ d’un mouvement souverainiste comme la Ligue en Italie [...] ou de partis xénophobes trop récents pour être historiquement liés avec les mouvements fascistes du XXe siècle (l’AfD en Allemagne, le Fidesz en Hongrie, par exemple) ne montre qu’une seule chose, c’est que l’on a perdu le sens des réalités. [...]

2. Les pays d’Europe occidentale sont certes concernés par le «populisme», mais le phénomène est particulièrement marqué à l’Est de l’UE: les populistes» sont au pouvoir dans sept des quinze pays d’Europe de l’Est. Comment, au regard de la récente histoire européenne, expliquez-vous cela? Ici aussi il faut faire des distinctions entre ces partis et ces mouvements. Vous ne pouvez pas analyser de la même manière la kleptocratie roumaine, composée pour l’essentiel d’anciens apparatchiks communistes et un parti comme le Fidesz, qui a construit une partie de sa légitimité sur le statut d’icône anticommuniste de son guide suprême, Viktor Orban. Que les régimes mis en place suite à la chute de l’URSS soient fragiles est une évidence qui se confirme chaque jour; mais se distinguent-ils si clairement sur ce point de l’Italie ou de la France, dont les règles politiques en vigueur depuis des décennies sont en train de craquer de toutes parts?

3. L’Union européenne est communément décriée par tous les partis «populistes» européens. Si le UKIP a fait du Brexit son principal cheval de bataille, rares pourtant sont ceux qui prônent un retrait de l’UE ou de la zone euro – parfaitement conscients, sans doute, de leur statut d’Etat bénéficiaire. Comment expliquez-vous le rapport des partis «populistes» à l’UE? L’Union européenne, par sa propre faute, combinée à celle des dirigeants de ses États membres, est progressivement apparue comme la responsable de tous les maux qui affligent le continent. Par sa propre faute, car elle mène depuis les années 1990 une politique littéralement suicidaire, faite d’autoritarisme et d’ultra-libéralisme, dont on ne commence que maintenant à voir les premiers effets dans les urnes. Le traitement infligé à la Grèce restera de ce point de vue comme le crime politique principal de l’UE, qui lui a durablement – et peut-être définitivement – aliéné les populations de tout le continent, et assurément tous les sympathisants de gauche. Ensuite, les dirigeants des États membres ont trop confortablement fait porter le chapeau de leur inaction à l’UE depuis une vingtaine d’années. Ce cynisme politique commence à avoir des conséquences et celles-ci sont catastrophiques. De manière générale, on pourrait dire que la méfiance envers l’UE est le produit de l’irresponsabilité des classes dirigeantes en Europe depuis 20 ans. Le symbole de ce naufrage n’est autre à mon sens que l'ancien président de la Commission européenne Juan Manuel Barroso, véritable fossoyeur de l’idée européenne et l’un des principaux responsables du désastre actuel. [...]
 
4. En décembre 2017, la Commission européenne lançait une procédure contre la Pologne pour «violation de l’Etat de droit». En septembre 2018, le Parlement réclamait cette fois que des mesures soient prises contre la Hongrie lors d’un vote historique. Les outils à disposition au niveau de l’UE pour lutter contre les violations de valeurs fondamentales telles que la démocratie, l’Etat de droit ou le respect des droits humains sont-ils pertinents et/ou efficaces à vos yeux? Quelles alternatives pourrions-nous imaginer? L’UE a été radicalement incapable d’empêcher, ou même de limiter, les dérapages politiques de plusieurs gouvernements européens et les prodromes d’autoritarisme que l’on observe depuis plusieurs années. Cela fait partie de ses échecs les plus retentissants. J’ajoute que les violations des droits fondamentaux ne concernent pas que la Hongrie ou la Pologne. Le cas aujourd’hui le plus inquiétant en Europe est celui de la France, à la dérive au niveau des libertés fondamentales après avoir normalisé son état d’urgence et encore étendu les pouvoirs pourtant déjà invraisemblables dont dispose le gouvernement. Sur ce plan, l’exemple qu’il faudrait chercher à suivre me semble être celui des États-Unis, où les droits et libertés fondamentaux sont garantis par la Cour Suprême. [...] De ce point de vue, la Cour de Justice des communautés européennes [...] devrait servir de garantes des libertés individuelles, et pas seulement de celles des grandes entreprises, comme elle l’a trop souvent fait ces dernières décennies.
 
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L'actualité à ce sujet
 
Catherine Chatignoux
Les Echos, 19.02.2019

La droite populiste pèsera plus au Conseil européen qu'au Parlement

Riccardo Moschetti
Le Taurillon, 16.02.2019

Quand aucun parti européen ne répond aux attentes des citoyens, la voie est libre pour les populismes

Guy Verhofstadt
"Avenue de l'Europe, le mag", franceinfo, 31.01.2019

Comment contrer la montée du populisme?
Pour aller plus loin
 
Vincent Lequeux, Toute l'Europe 

Keno Verseck, Magazine Amnesty 

Jacques Rupnik, SciencePo, Centre de recherches internationales
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Conférence sur l'impact de l'intelligence artificielle sur les droits humains
 
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Conférence internationale sur le renforcement de la résilience aux catastrophes naturelles

21-22 mars (Bruxelles)
Conseil européen
/// L'intox

"[...] nous ne connaissons pas le but final de l'UE. Désarmer les citoyens, peut-être? C'est ce que cherche à faire tous les régimes totalitaires." Olivia de Weck (vice-présidente de ProTell), Le Temps, 13 février 2019

Si Mme de Weck l'ignore, le "but final de l'UE" est pourtant clairement énoncé dans l'article 3 du Traité sur l'Union européenne (TUE): "L'Union a pour but de promouvoir la paix, ses valeurs et le bien-être de ses peuples". Bien loin, en conviendrons-nous, des objectifs d'un régime totalitaire cherchant à brimer les libertés de ses citoyens...
Tous les événements de la présidence roumaine du Conseil de l'UE
Tous les événements des institutions européennes
//// Ailleurs en Europe
Alain Guillemoles
La Croix, 20.02.2019

 
Vers la création d'une Banque européenne pour le climat
Près d'un millier d'acteur de la société civile et de personnalités politiques se mobilisent autour d'un projet de pacte européen en faveur de la finance verte, prônant notamment la création d'une banque européenne pour financer la transition écologique.
Thomas Wieder
Le Monde, 16.02.2019

 
A Munich, Angela Merkel fait l'éloge de sa méthode
Alors que la chancelière allemande s'apprête à quitter le pouvoir, sa parole semble se libérer. A Munich, à l'occasion d'une conférence internationale sur la sécurité, elle a dénoncé avec une fermeté inhabituelle la politique menée par Donald Trump.
 
Collectif d'écrivains internationaux
Libération, 25.01.2019

 
"Il y a le feu à la Maison Europe", le manifeste des patriotes européens
Trente écrivains internationaux, dont plusieurs Prix Nobel, ont répondu à l'appel de Bernard Henri-Lévy pour tirer la sonnette d'alarme sur la montée des dangers qui menacent l'Europe et signer un plaidoyer européen.

CONCOURS - Gagnez 2 x 2 billets pour la conférence théâtralisée sur l'Europe de Bernard-Henri Lévy, "Looking for Europe", le 15 mars au Théâtre du Léman à Genève et le 16 mars à la salle Métropole de Lausanne! Pour participer, cliquez sur ce lien.
 
 
///// Prochainement en Suisse
Mardi 26 février
14h00
La Pastorale, Route de la Ferney 106, 1202 Genève
Club suisse de la presse - Geneva Press Club

Le populisme en Europe: réalité et fiction
Conférence de presse avec M. Josep Borrell, ministre espagnol des Affaires étrangères, de l'Union européenne et de la coopération internationale.

Plus d'informations ici
Mardi 26 février
17h15
Université de Fribourg, Av. de l'Europe 20, 1700 Fribourg, MIS 3024
Université de Fribourg, Institut de droit européen

La Réforme du droit belge des obligations à l'heure du droit européen des contrats
Dans le cadre des Conférences sur l'Europe, l'Institut de droit européen de l'Université de Fribourg accueille M. Patrick Wéry, prof. à l'Université catholique de Louvain-la-Neuve. 

Entrée libre ; plus d'informations ici
Jeudi 28 mars - vendredi 29 mars
Lausanne
Fondation Jean Monnet pour l'Europe

L'Europe dans le monde
La Fondation Jean Monnet pour l'Europe organise un colloque international les 28 et 29 mars prochains sur le thème "L'Europe dans le monde". De plus amples informations suivront.

Formulaire d'inscription disponible ici
Le meilleur pour la fin...
A quel point êtes-vous populiste? Faites le test pour le découvrir! (en anglais)
Soucre: The Guardian
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